20 novembre 2009

CHERIES CHERIS




La 15 ième édition du festival de films gay et lesbien, trans et +++ désormais rebaptisé Chéries-Chéris est en cours au forum des images depuis lundi et ce jusqu'à dimanche. L'occasion d'y voir des films en avant première et des documentaires passionnants.

Gros bémol: l'organisation laisse toujours autant à désirer: les séances d'ouverture et de fermeture sont des événements demi privé quasi inaccessible: le film de Lou Yee Nuit d'Ivresse Printanière a été annulé et I Love you Phillippe Moris est déjà complet pour dimanche: soit deux raisons en moins d'aller au festival. Lé séance French Touch de court métrage français était comme il y a deux ans exaspérante d'ennui.



Heureusement j'ai pu voir Mourir comme un homme le dernier opus de Joao Pedro Rodriguez dont j'avais adoré O Fantasma et Odete. Un film d'une infinie tristesse à l'image de son personnage Tonia une transsexuel portugaise vedette d'un spectacle de travestis qui ne peut se décider à franchir la dernière étape du changement de sexe à cause de ses convictions religieuses. On la suit dans sa vie quotidienne où on croise son petit ami toxico, son fils déserteur, et un portrait hilarant d'un couple de travesti qui vit reclus dans la montagne. Entre chronique du quotidien, comédie, tragédie et des virées fantastiques, le film dresse le portrait magnifique d'un homme et des ses contradictions.




Enfin Gay Sex in the 70°s est un documentaire de 2005 sur la sexualité à New-York de 1969 à 1982: les années d'insouciances. Des images inédites de ses années là, tous les lieux de rencontres sont évoqués et des témoignages à foison nous font revivre ses années là entre hilarité et frissons.

18 novembre 2009

L'ENFER DE H.G. CLOUZOT

L'Enfer d' Henry Georges Clouzot est un documentaire de Serge Bromberg sur le tournage inachevé de l'avant dernier film de Clouzot dont jamais personne n'avait vu les images et qui avait finit par devenir un mythe!
Grâce à Serge Bromberg qui à su convaincre Ines Clouzot la veuve du cinéaste de fouiller dans ses archives, on découvre désormais une histoire de ce projet aux travers des images retrouvées: les essayages costumes, les essais lumières, les premières scènes tournées.

On est fasciné par la direction artistique du projet dont une bonne partie est complètement expérimentale: des kilomètres d'essais avec Romy Schneider éclairées de toute les couleurs et de toutes les manières imaginables. Le résultat ce sont des images psychédéliques de Romy d'une beauté époustouflante. Bromberg nous fait comprendre petit à petit pourquoi ce tournage fut un naufrage artistique.

Passionnant et fascinant

15 novembre 2009

A BERLIN NIGHT IN PARIS


















Dans une ancienne station de la petit ceinture, trois DJs de Berlin mixent au milieu d'une déco d'anniversaire. Mot de passe pour rejoindre la gare squattée: Le mur est tombé. Merci aux Apéroristes pour cette ambiance inédite à Paris.

POST 100: 24 Y.O BD'S PARTY






13 novembre 2009

BLOW UP

One less important movie to see as a filmbuff. Master piece of manipulation, Blow up by Antiononi is not the best movie ever to see the 60's swinging London . De Palma's remakes Blow Out is much more entertraining.

PS: So funny to not recognize Jane Birkin as she is so young!

BERLIN NOVEMBER 2009























FAUX SEMBLANTS

Dans la quête sans fin de l'exploration de la filmographie de David Cronenberg je suis tombé sur Faux Semblants. Un film où Jermy Irons incarne un couple de jumeaux gynécologue un peu timbré. Du pur Cronenberg, et une double performance hallucinante.

CHEVAUCHE AVEC LE DIABLE

Un film historique d'Ang Lee sur la guerre de sécession à mourir d'ennui. Normal qu'il soit passé inaperçu en 2000 où il avait cartonné avec Tigre et Dragon. Dommage

AWAY WE GO

On attendait pas un nouveau Sam Mendes aussitôt après le très récent Les Noces Rebelles, et autres très bons souvenirs (American Beauty, Jarhead). C'est le coeur léger que je suis aller voir ce film annoncé comme léger et merveilleux. Un couple qui attend leur premier enfant décide de choisir une ville où s'installer et font le tour du pays on a donc droit après le premier quart d'heure d'installation à un film à vignettes sur chaque ville que le couple visite. Quelle ville le couple va t-il choisir? Montreal? Miami? etc.. On a donc droit à une série d'ambiances et de portraits différents qui finissent un peu par lasser et les problèmes de trentenaires aussi "Are we loosers?" On en revient donc à apprécier l'humour de ce formidable couple, du réalisateur et le comique de situation (le dîner chez les néo-babas avec Maggie Gylenhal) qui permettent de tenir jusqu'à l'abominable fin.

12 novembre 2009

MICHAEL JACKSON'S THIS IS IT!


This is it reconstitue avec les images de ses dernières répétitions le concert qu'il allait donner 50 fois à Londres pour ses adieux scéniques. En parallèle on découvre le casting des danseurs et le tournage des vidéos prévues pour le concert.
Cinématographiquement très pauvre: un mélange d'image DV et HD qui ne sont même pas mise au même format, des interviews marketing "when michael came in a room his presence his just amazing" This is it est néanmoins fascinant, il y a tellement de questions sans réponses à propos de Michael Jackson auxquelles le film ne résonnent aucunement.

Premièrement dans This is it on est fasciné par l'être humain qui apparaît pour la première fois en tant que tel, chacune de ses apparitions est tellement mise en scène comme une apparition féerique que MJ était devenu un être abstrait fait d'images et de chansons, même les danseurs n'en reviennent pas quand il le regarde interpréter Billie Jean sur scène. Ici on le voit collaborer avec une équipe, parler, se faire chambrer, donner des ordres, des indications ... bref: l'effet "comme vous ne l'avez jamais vu" fonctionne à merveille.
Surprenant, MJ, même si on le voit ménager sa voix, à l'air extrêmement en forme avec les jambes de ses 20 ans (suis-je le seul à le remarquer?) il en a quand même 50, tel Piaf il est drogué de médicaments en permanence mais c'est absolument invisible à l'image. This is it aurait du être une sorte de making of de sa tournée c'est devenu un objet de fascination sur l'invisible, on connaît tellement plus que ce que le film nous montre (comme l'issue de l'histoire évidemment) qu'on est abasourdi par la vacuité des images. On a aussi cette sensation désagréable de suivre un mauvais reality show, suivit par des caméras en permanence sa vie devient le show... mais le plaisir de le voir interpréter ses chansons une dernière fois l'emporte.

18 octobre 2009

BOYS DON'T CRY



J'ai enfin vu Boys Don't Cry avec Hilary Swank, un film sorti en 1999 relatant l'histoire vraie de Teena Brandon une jeune fille de 20ans qui se fait passer pour un jeune homme auprès de tous pour séduire des jeunes filles et être bien dans sa peau. Hilary Swank est bluffante, elle a bien mérité son premier oscar! Déjà un classique sur la tolérance et la question de genre!

12 octobre 2009

FUNNY PEOPLE



Adulé d'un côté (Les Inrocks, Les Cahiers... ) détesté de l'autre (Le Masque et la Plume) suis je forcer de prendre position? Funny People est le troisième film de celui qui règne sur la comédie US depuis 3 ans avec des héros "geek" (moche, gros, boutonneux, obsédé par l'informatique pour faire vite): Judd Apatow responsable du 40 ans toujours puceau et En Cloque mode d'emploi. Son mojo: faire de "loosers" les héros de ses films. Ici Apatow fait son 8&1/2 film global de la maturité sur le milieu des comiques à Los Angeles en faisant se croiser deux personnages: le jeune comique de stand up (Seth Rogen) et la superstar de cinéma confirmé (Adam Sandler) ainsi qu'un galerie de personnages secondaires. Une rencontre possible car le superstar George Simons est atteint d'une leucémie. Un film oscillant donc entre la gravité et le comique avec plus ou moins de brio avant de finir dans un dernier tiers dans du potache seulement, on aimera ou pas cette dernière partie, le film est néanmoins truffé de scènes hilarantes et touchantes.

11 octobre 2009

MIMI & MAD MEN





Mad Men est ma dernière série Tv préférée parmi la jungle de nouveauté qui existe aux États Unis. Dans les années 60 sur Madison Avenue à New-York dans l'agence de publicité Sterling & Cooper les hommes sont des golden boys, les femmes des secrétaires ou des femmes aux foyers. J'aime cette série déjà juste pour son titre brillant: un jeu de mots sur Madison Avenue/ad men/mad men appellation historiquement exacte. J'aime cette série parce que la reconstitution des 60°s est luxuriante: le milieu wasp haute société/Manhattan permet un festival de mode de l'époque surréaliste. Don Draper est le créatif numéro un de la boîte, au passé trouble. Il est marié à Betty ancienne mannequin relayé désormais au rang de femme au foyer. On suivra aussi Peggy Olsen secrétaire qui deviendra créatif et Joan la chef de bureau aux pouvoirs de séduction sans limite. Les femmes sont elles soumises? Les hommes sont ils misogynes? Les femmes sont elles naïves? Les hommes sont ils des ordures? Mad Men reprend les problématiques amorcées par Far From Heaven de Todd Haynes, la saleté derrière l'american way of life et les images d'Epinal des 60°s.
Parmi les problématiques énoncées plus haut le génie de la série va être de démontrer sur la durée que la réponse à toutes ces questions est à la fois oui et non. La complexité des rapports homme/ femmes dans les 60°s est décrit avec nuance. Sous nos yeux s'amorce l'émancipation des femmes. Mad Men n'oublie aucune problématique de l'époque: l'homophobie, le racisme et fait référence souvent à des faits historiques: la mort de Marylin Monroe, la baie des cochons, le premier pas de l'homme sur la lune, la première photocopieuse... etc.

Comme Les Sopranos fait par les mêmes créateurs Mad Men est un partage entre vie professionnelle et vie privée à un rythme qui pourra sembler lent à certains. Mais Mad Men c'est aussi et surtout des campagnes de publicités passionnantes dont on ne loupe rien de la création.

7 FILMS DE LA RENTREE






THE SEPTEMBER ISSUE: Un documentaire pour comprendre comment fonctionne le monde de la mode à travers la fabrication du numéro de septembre du vogue américain. On suit Anna Wintour la célèbre rédactrice en chef du magazine pendant 8 mois.


HOTEL WOODSTOCK: Le dernier Ang Lee jugé très moyen par l'ensemble de la critique m'a pourtant emballée: son énergie et sa légèreté m'ont complètement émue. Une manière de découvrir Woodstock côté coulisse au travers du jeune héros qui éclot de lui même grâce à l'événement.


TU N'AIMERAS POINT (EYES WIDE OPEN): Un beau film sur l'homosexualité dans le milieu juif orthodoxe. La passion d'un boucher pour un jeune voyageur qu'il héberge. Toute la complexité du problème dans CE microcosme socio-religieux et culturel est visible à l'écran. A savoir l'homosexualité n'existe pas et n'a pas de mot pour être nommé...


UN PROPHÈTE: Le favori à la palme d'or est un grand film, du moins c'est la résultante du nivellement par le bas de la production française. On suit le trajet d'une petite frappe pendant ses six ans en prison. Une trajectoire terrifiante où le quasi innocent détenu va devenir un grand bandit entre les clans corses et arabes. Un portrait terrifiant de la vie en prison qui semble plus de la provocation politique qu'une réalité précise tant le parcours du jeune homme (une histoire passionnante) est extra"ordinaire". Image parfaite, direction d'acteur parfaite et touche de poésie ça et là par l'incursion du fantastique; Jacques Audiard est définitivement mis en orbite comme meilleur cinéaste français. Brillant.


DISTRICT 9: Très bon film de SF. Le postulat de base qu'un vaisseau alien stationne au dessus de Johannesbourg depuis 20ans et que les aliens survivants sont des clochards qui cohabitent avec le population locale africaine dans des camps de réfugiés est déjà excellent. présenté comme un "documentaire" on retrouve les émotions de Cloverfield par le même traitement réaliste.


FISH TANK: Un des bon crus de Cannes 2009 à mon goût assurément. L'histoire d'une ado mal dans sa peau dans une banlieue en Angleterre qui tombe amoureuse du nouveau copain de sa mère. Oubliez toute de suite votre peur de voir un sous Ken Loach si le fond est le même le propos est tout autre. Ici Andréa Arnold s'intéresse aux déambulations et aux tourments d'une adolescente. Un drame plein de vie et sûrement pas consensuel, doucement mais sûrement le drame pointe son nez. Une véritable leçon de narration qui vous prendrera à la gorge dans un carde 1.33 sublime.


NON MA FILLE TU N'IRA PAS DANSER: Coupe de gueule de la saison, le dernier film de Honoré est insupportable. Un brouhaha sonore confus, une direction d'acteur distancière, un pseudo début, une scène de danse bretonne de 20 minutes et une fin qui n'en finit pas. L'ennui mortel des les premières scènes: des dialogues littéraires insupportables, un Julien Honoré cabotin parachuté par son frère, un caméo inutile de Louis Garrel. Marina Foïs agaçante, Jean Marc Barr ridicule. J'adore Chiara Mastroiani mais son personnage est à baffer. Et pourtant j'ai pu constater que le film résone comme un témoignage documentaire sur le chaos de la vie des jeunes chez les quinquas et le sexa que sont les amis de mes parents.

MOVIES SUMMER 2009

Là-haut le 10ième film des studio Pixar est sur la lignée des autres films du studio: un conte moral à la technique irréprochable: trop gentil, pas assez fou peut être, le message de tolérance pour les personnes âgées est limite déprimant malgré quelques scènes hilarantes.


Brüno la nouvelle comédie de Sacha Baron Cohen après Borat et Ali G Indahouse s'est complètement planté au box office aux US et en France. Pourtant je n'avais jamais vu autant de gens outré de plaisir dans une salle de cinéma y compris moi, le trash atteint un niveau inimaginable (la scène de présentation de Brüno et son amant ou la scène du zizi qui tourne par exemples!!!!) seul problème un certains nombres de choses sous entendus semblent passer à côté des spectateurs réservant de nombreuses blagues aux happy few: "il faut que je sois hétérosexuel comme Tom Cruise, Kévin Spacey ou John Travolta" (pas un rire dans la salle..) De même le dispositif de tournage n'est pas du tout explicité à l'intérieur du film. Combien de gens savent qu'il s'est vraiment incrusté dans les défilés des modes et qu'il a vraiment foutu la merde? etc pour chaque sketchs. On ne connaît jamais le degré de fiction de chaque scène et l'énormité de certaines situations est du coup évacué car l'intérêt de certaines scènes vient justement du fait qu'elles sont tournées en milieu "réel" alors que d'autres font immédiatement fausses "l'éviction de l'hôtel avec 5 caméras... " Derrière le sommet de vulgarité S.B.C dénonce la vacuité de la célébrité de la télévision, du charity business... etc les titres sont assez gros chaque scène correspondant à une dénonciation et on a souvent envie de dire "bien vu" (voir de crier au génie) faire de l'humour sur la communauté juive (hyper reac!?) en mettant Bruno en tenu juive orthodoxe fashionisé dans les rues de Jérusalem ou le communauté black U.S (hyper susceptible!?) Bruno adopte un bébé noir dans un talk show pour noir ou l'islamisme intégriste: Bruno interview un intégriste et demande des conseils pour faire un bon attentat; il faut le faire.

Bruno
ne tape pas forcément où c'est le plus facile comme la mode, ce chapitre ne fait d'ailleurs même pas dix minutes. Malgré beaucoup d'inégalité et un certains essoufflement Bruno restera comme un sommet du trash des années 2000's. Après à savoir si Bruno est gay ou anti-gay et à savoir l'effet qu'il aura sur l'homophobie c'est à double tranchant d'un coté une certaine visibilité: après ça tout le monde parait normal et gentil et de l'autre le fait d'avoir canalisé tout ce qu'il y a de pire chez certains gay réconfortera les Christine Boutin dans leur opinions et pourra en effrayé certains. BRAVO BRUNO


SOUVENIRS DE FRIBOURG



Un week-end en Allemagne entre deux semaines de 60 heures,
un petit saut de l'autre côté de la frontière où on essaye d'éviter
les fêtes de la bière: Offenburg l'après midi, Friburg la nuit,
et thermes de Bad Krosingen avec massage le dimanche.

MIMI EN TOURNAGE

En tournage à Strasbourg depuis le début du mois d'août
voilà pourquoi il n'y a plus rien sur mon blog depuis un moment.
Sur la saison 2 des Invincibles pour ARTE prévu
pour février 2010 je suis bientôt de retour.

20 juillet 2009

J'AI TUE MA MERE

Au secours, J'ai tué ma mère de Xavier Dolan est exaspérant au possible
une sorte de Tarnation québécois mais en fiction où un jeune garçon
(homosexuel) a des forts problèmes avec sa mère.
Écrit à 17 ans réalisé à 19, Dolant été révélé comme le prodige de Cannes 2009 en revenant avec 3 prix. Le héros à 16 ans il vit seul avec sa mère et il la déteste, la hait de tout son coeur, tout en elle l'exaspère, simple maux de l'adolescence ou schéma familiale "extra-ordinaire", histoire particulière ou universelle? Tout le problème est là je n'y vois qu'une histoire particulière où le trauma du père absent et la crise d'adolescence rejaillissent sur la mère alors que le film semble dire: tout le monde a vécu ça! tout le monde a voulu tué sa mère! et bien non! Mon identification à l'histoire est proche de zéro et tout ce qui est conté relève pour moi de l'exotique son universalisme est d'une prétention crétine. Cela dit le film reste plaisant l'actrice qui joue la mère est extraordinaire malgré deux lourdeurs: les plans travelling à la Wong Kar Wai et les monologues "confessions intimes" dans la salle de bain filmé en DV. Après le témoignage sur la vie d'un ados homo est beaucoup plus intéressant que cette haine injustifiée envers sa mère.

FAIS MOI PLAISIR !

La dernière coquetterie d'Emmanuel Mouret est une nouvelle déclinaison des précédents films du réalisateur qui déjà dans sa jeune carrière utilise quasiment le même sujet à chaque film: la rencontre homme-femme, la fidélité-l'adultère... Un cinéma déjà maniéré mais maitrisé Fais moi Plaisir... (..trompe moi lui demande son amante) est un hommage ouvert à The Party avec Petter Sellers où le héros se retrouve dans une soirée bigarrée chez la fille du président de la république qu'il a rencontré dans un bar: improbable et absurde c'est tout le sel du film. Le duo Emmanuel Mouret/Frédéric Bel revient pour la troisième fois pour encore plus de maladresses de burlesques et de quiproquos et c'est bon!






GO GET SOME ROSEMARY

Deuxième long métrage des frères Safdie qui avaient présentés leur premier film l'année dernière à Cannes , The Pleasure of being robbed. Comme l'année dernière ils étaient à la Quinzaine des Réalisateurs. Tout le monde ne jure plus que par eux: éloge dans les Cahiers du Cinéma... etc. On compare les frères au meilleur des années 70 dans le cinéma indépendant américain: Cassavetes, rien de moins. Ils provoquent l'enthousiasme sur leur passage et sont extrêmement disponible, cinéphiles dévorant d'énergie ils parcourent le festival en long en large et en travers. Pas moins de six connaissances m'ont affirmé être très proche des frères Safdie pendant le festival, leur magnétisme semble irrésistible. J'avais moi même discuté avec eux en 2008 dans la nuit qui suivait la clôture de la Quinzaine, grâce à la carte de visite de Benny qui le présente comme un vendeur j'avais pu découvrir leur site web RED BUCKET FILMS où des dizaines et des dizaines de courts métrages de leur collectif (quasiment tous fait par eux) y sont présentés.

Go Get Some Rosmery est une fiction autobiographique où les deux frères se replonge dans leur enfance à l'époque où leur père ne les voyait que quelques semaines par an. Un portrait d'un homme déchiré, d'un couple, d'une famille dans la moiteur de New York au début des années 90. La mise en scène très agitée, très semblable à du Cassavetes, saisit la vie avec une virtuosité épatante, mais fini par brouillée un peu l'estomac. Aussi, le schéma de descente aux enfers lasse vite, le père allant de gaffe en gaffe avec ses gamins. Mais le portrait reste émouvant, extrêmement sensible et juste. Un très beau film.

WHATEVER WORKS

Comme annoncé il y a quelques mois le 40 ième film de Woody Allen est sorti début Juillet. Comme d'habitude la critique aime jauger cette livraison annuelle comme un vin: bonne année, mauvaise année, cette fois ci c'est meilleur cru depuis 15 ans qui est sorti du chapeau. Et comme à chaque fois c'est toute son œuvre qui est repassée à la moulinette: ses récents Match Point et Vicky Cristina Barcelona ont donc été jugé moins bon à la lumière de ce dernier opus: exaspérante critique... La communication a été parfaite aussi, jugez plutôt: le scénario original daterait des années 70 lorsque Woody était au plus haut de sa carrière.

Whatever Works
s'avère extrêmement plaisant, la rencontre entre le héros dépressif et cette jeune idiote jouée par Rachel Evan Wood est hilarante. In fine, il s'agit d'une fable empreint de la sagesse du conteur pour la tolérance dans les relations amoureuses, tout est possible: une jeune et un vieux, une bourgeoise wasp avec un artiste new yorkais ainsi qu'un homme avec un homme, si ça marche!!

THE READER

Polémique dans les rédactions, Le Liseur serait un film obscène qui essayerai de nous rendre sympathique une ancienne nazie en évacuant ses crimes à l'écran et en créant une intimité avec le personnage. Adapté du best-seller du même nom, la polémique était déjà la même à la sortie du livre: on crie à l'incohérence historique, à l'impossibilité de certains détails du récit...

Peu importe The Reader est passionnant, il confronte un jeune allemand à l'héritage du nazisme d'une manière radicale et incarnée: lorsqu'il avait 16 ans, il a eu une liaison avec une femme qui s'avèrera plus tard être une ancienne nazie. Le principe de l'histoire étant de présenter cette femme premièrement comme une amante, objet érotique et attirant pour lequel l'adolescent va devenir fou amoureux avant la révélation de son passé. C'est donc l'expérience in-situ de cette découverte qui est proposée au spectateur et qui comme le personnage ressent alors révulsion et interrogations. Symboliquement il s'agit donc bien de voir comment un peuple (les hommes) survit avec les démons de son passé (leurs aïeuls). Du cas particulier, la résonance universel du problème est évidente et fascinante.

Le film propose alors une réflexion sur la nature du mal: l'idéologie nazie s'incarnait par des hommes et des femmes (des centaines de milliers d'individus) qui étaient des êtres humains. Si l'histoire interpelle c'est qu'elle pose des questions: Qu'est ce que le mal? Comment le reconnaître? Suis-je atteignable par lui? Et ébranle des convictions: l'idée d'un mal absolu, confiné au passé et visible. Ici on refuse une lecture manichéenne du passé, tout en reconnaissant tous les faits (qui sont donc évacués). Le Liseur prône donc pour une vision de Histoire (et donc de la nature humaine) plus complexe, plus subtile, comprendre le passé c'est comprendre l'homme. Le film est d'une teneur extrêmement classique et l'émotion n'est pas toujours au rendez vous (les séquences d'enregistrements des livres...), mais le récit reste plus fort que les faiblesses du film de Stephen Daldry où Kate Winslet excelle.

11 juillet 2009

MIMI LOVE LA ROUX