1 juin 2009

LOOKING FOR ERIC

La présence d'Eric Cantona était presque rédhibitoire au générique de cette livraison annuelle de Ken Loach que j'adore. De mémoire, Cantona dans Elizabeth (oui avec Cate Blanchett) c'était déjà pittoresque. C'est donc à reculons dans une salle parisienne pleine de spectateurs peu habitués aux films de Ken Loach, grand bien leurs en fassent, que j'ai vu le film.

Bonne surprise, les apparitions du footballeur ne sont pas bien nombreuses et son franglais totalement intégré au scénario. Le film reste un Ken Loach habituel tout à fait réjouissant contant le reprise en main d'un père de famille pour sortir de sa dépression. Toujours réaliste, les acteurs sont exceptionnels, Steve Evet dont c'est le premier film livre une performance tout à fait étonnante et émouvante. La peinture sociale écarte tout misérabilisme, ici : humour, positivisme, entraide, Loach nous évite comme il a pu le faire, une image crève le cœur du prolétariat. L'intrigue autour du fils dealer qui devient l'intrigue principale finira dans une scène hilarante.
Looking for Eric aurait bien mérité un petit prix à Cannes. Seriously!





26 mai 2009

CANNES 2009

Après un coup de fil d'un ami qui souhaite descendre à Cannes voir le Haneke, je décide sur un coup de tête, il n'était pas question d'aller à Cannes cette année, de filer à l'anglaise avec lui. On débarque donc chez une amie qui nous héberge gracieusement dans son agréable studio à dix minutes du Palais du Festival. C'était mardi dernier vers 23h, avec 1h de retard pour cause d'un suicide en station le Creuzot sur la ligne TGV... Premières coupes de champagne à la soirée du CNC sur la croisette où officie DJ OUF, je croise mes collèges de Strasbourg du bureau d 'accueil des tournages.

Premier matin on se lève aux aurores et on commence la fameuse recherche des places pour notre premier film à Cannes. 5 min avant la séance un inconnu me donne sa place pour INGLORIOUS BASTERDS de Quentin Tarantino, je suis au premier rang:


J'étais bien curieux de découvrir le tarantino après avoir atterri sur le tournage du film par hasard en novembre dernier à Berlin! Le verdict: des scènes d'anthologies mais souvent interminables (2h45), des fulgurances d'ultra violence toutes les 20 min: la mécanique tarantinesque à plein régime. La bonne surprise: un acteur autrichien polyglotte hallucinant écrase tout sur son passage Brad Pitt (un rôle microscopique) et Mélanie Laurent (qui joue comme un poisson) inclus; son nom: Christophe Waltz.


A peine sorti on se remet en quête de places pour le film suivant, Alain Resnais sort d'une voiture devant moi, il entre dans le palais du festival, je prends une photo. Quelques minutes plus tard j'ai réussi à rentrer pour la projection des HERBES FOLLES, mon camarade aura eu moins de chance. Monté des marches émouvantes que je suis depuis l'intérieur de la salle, Resnais attends ses comédiens directement depuis le haut des marches. Standing ovation très longue lorsqu'il rentre dans la salle.



Le film me laisse perplexe, je me suis énormément ennuyé à 86 ans le cinéaste se renouvelle parait-il? Il y a toujours Sabine Azema, il y a toujours André Dussolier, toujours c'est lumière orange et bleu feutré, toujours une romance tarabiscoté... Je ne suis pas du tout séduit même si on perçoit la poésie, l'absurde, le cynisme parsemé ci et là.

Dernier film de la journée en séance de minuit DRAG ME TO HELL de Sam Raimi, en costume noir et noeud papillon nous montons les marches. L'équipe du film est là, la salle exulte.


Jusqu'en enfer est un film jouissif, film d'horreur anti-crise. L'histoire: une banquière punie par une cliente qui lui jette un sort, possédé par un démon elle vit trois jours de démence et de vision arrivera-t-elle à s'en débarrasser? On flippe autant qu'on rit énormément. Sam Raimi nous fait peur avec des bouts de ficelles et on se demande bien comment il réussi, un nanar 5 étoiles.







Deuxième jour, levé aux aurores pour A L'ORIGINE de Gianolli, après avoir obtenu des places par miracle la séance est complète, heureusement le film est aussi projeté dans la salle du soixantième. Une histoire passionnante pour un grand téléfilm de 2h30, décidément ce cinéma français.



Après une longue sieste, on se met en quête de places pour le Haneke: LE RUBAN BLANC pour lequel on est spécialement descendu, nous voulons absolument assisté à la séance avec l'équipe du film à 22h. La quête est longue je ne trouvera le précieux sésame que bien plus tard après avoir enfilé mon costume.




L'image est sublimissime, un noir et blanc très piquet, contrasté à l'extrême, des cadres très fixes. Hypnotique! 1913, un village Prusse, des événements étranges raconté par un instituteur, des enfants troublants, des parents rigoristes. Le coup de force provient de sa faculté à poser un thriller sans jamais en résoudre l'intrigue, tout en dressant en même temps (ou principalement pour d'autres) un constat sur l'éducation par l'éducation par l'idéologie (ici le rigorisme protestantisme) et une certaine lutte des classe en début du XX° siècle. Haneke a son habitude s'intéresse à la noirceur humaine la faisant ressortir ci et là dans des scènes d'anthologies (le médecin et sa maîtresse jouée par Suzanne Lothar)

Dernier jour, LE TEMPS QUI RESTE d'Elia Suleimann, un chef d'œuvre humoristique que le manque de perspective narrative fait paraître extrêmement long (2h30 encore). Il s'agit de l'histoire de la Palestine de 1948 à 2008 du point de vues des souvenir du père du cinéaste et de siens.



Vu à Paris après le Palmares, le Almodovar encore un grand paresseux, il nous refait le coup du tournage (déjà dans Volver et La Mauvaise éducation), le coup du lourd secret (...boring!), il oublie même en route une partie du scénario!!! La vengeance du fils??? Son film??
Pénélope Cruz iradie l'écran heureusement.





7 avril 2009

10 MOVIES/ 10 COMMENTS

Frost/Nixon, l'heure de vérité. De Ron Howard dont on attend rien sauf de nous divertir efficacement une fois par an est la bonne surprise du mois. Maître du cinéma mainstream U.S, faiseur acharné, c'est avec plaisir qu'on se replonge dans l'histoire de cette interview de Nixon dans les années 70 par un animateur de talk show anglais. Construit comme un thriller on ne s'ennuie pas une seule seconde, les comédiens principaux et secondaires (Rebeca Hall, Kévin Bacon) sont excellents. L'intrigue au rythme soutenu sans fioritures est une démonstration de force. Sans être un chef d'oeuvre, ni le film de l'année, ce duel passionnant est conté sans prétention formel. Décidément il faudra s'habituer que des personnalités affables (Ron Howard!, George Clooney!!) fassent de super films politique sur l'histoire américaine.

Énorme déception pour le nouveau film de Téchiné dont j'aime à penser que les films m'influencent. Ces trajectoires d'adolescents, la sexualité naissante, le sud-ouest, monter à Paris, autant de choses auxquels j'ai pu m'identifier dans ses opus précédents. La Fille de RER me laisse pantois, l'utilisation du fait divers du RER était une promesse. Pourquoi? Parce que ce fait divers était, c'est le propre d'un fait divers: "extra-ordinaire" il justifiait donc un film pour en remonter aux sources, aux origines; restées inexpliquées une fois le mensonge dévoilé. C'est ce que Téchiné fait, mais tout est faux apprend t'-on!!! Le film est une adaptation d'une pièce de théâtre qui à tout inventé.
A quoi bon? A quoi bon nous éclairer avec cette fausse histoire, aussi plaisante soit-elle. Ensuite, échec de la mise en scène le film est divisé en deux chapitres complètement inutiles.
Duvauchelle est exécrable, Catherine Deneuve est parfaite mais inutile. Pourquoi ne pas prendre une autre actrice? En fait Téchiné se moque de son fait divers, il l'utilise pour décrire la trajectoire d'une jeune fille paumée à l'entrée de la vie comme il le fait d'habitude. A cela il ajoute un kyrielle d'histoire inutile: Catherine Deneuve retrouve un vieil ami, l'avocat juif Michel Blanc (Les temps qui changent, déjà fait), sa belle fille Ronit Elkabaz représente la communauté juive à elle seule où presque !!, obnubilé par la bar mitzva de son fils, son mari Mathieu Demy, n'est pas très bon non plus.

En gros, Téchiné paresseux, esquive son sujet pour faire un portrait d'une jeune fille paumée (ou d'une génération) et un film choral inutile. Dommage


Le dernier Brisseau est une déception, un vrai ratage même. On l'avait pourtant soutenu pour Les Anges exterminateurs et face à la calomnie. Cette fois ci, il sombre dans l'auto parodie et sombre dans le ridicule. La quête initiatique de la jeune fille à la rencontre du plaisir pur, du non conventionalisme et du sens de la vie entre autres est grotesque, la leçon de vie ennuyeuse. S'il continue comme ça on aura du mal à penser qu'il ne se branle pas devant ses films, ses héroïnes aux cheveux laqués et aux corps d'actrices pornos, avec des petits décolletés de soubrettes m'épuisent un peu. Revoyez plutôt Chose Secrètes. Jean-Claude, on t'aime, on te pardonne, on attend le prochain!

Ce téléfilm d'ARTE est tout à fait plaisant, voir jouissif après la patience des adultes dans L'Esquive ou Entre les murs, on a un plaisir coupable à voir Adjani mener ses petits t*** du c** par le bout du nez avec un flingue et on se fiche un peu que le discours sur l'éducation soit superficiel, les jeunes antipathiques (voir diaboliques) que les acteurs secondaires cabotinent (Berroyer, Podalydes). Néanmoins le film permet de relancer le discours à l'extérieur, et on ne le lui demande pas plus.

J'ai enfin vu Séraphine. Un superbe film où le destin de l'héroïne ma serré le ventre plus d'une fois. D'une sensibilité et d'une grâce simple c'est tout simplement un beau film.

Impitoyable est un très bon film, j'aime beaucoup Eastwood, néanmoins ses réflexions sans fin sur la violence justifiée et individuelle (Million Dollar Baby-la boxe, Mystic River- la vengeance, Gran Torino- la défense...) m'agace un peu alors qu'il est un conteur hors pair. Même si à chaque fois la violence tourne au fiasco et au plaidoyer anti-violence (paradoxalement), sa fascination pour le sujet ne me semble pas toujours noble. L'histoire change mais c'est toujours un portrait de l'Amérique qu'il dresse, grand bien nous en fasse.

L'histoire vraie de Roberto Zucco qui m'avait glacé le sang dans Faites entrer l'accusé, ici en film, passionant.

Uzak, un film du turc N.B Ceylan. Un homme au chômage qui sa campagne pour chercher du travail en ville, il va vivre chez son cousin, un urbain solitaire, dans son appartement à Istanbul. Tout les opposent, cette réunion non désirée finira par exploser. Le face à face des deux hommes dans l'appartement se fait sourdement entre deux balades dans la ville. Uzak soulève par ce qu'affrontent ses deux hommes dans leur vie des sujets universels: solitude, peur, renoncement, accomplissement... bouleversant et subjuguant!

Une comédie de Woody Allen hilarante en hommage à Shakespeare. Un de mes films préférés du cinéaste rayons comédies avec Guerre et Amour. A noter qu'il sortira cette année son 40 ième film: Whatever Works.

Encore un Woody, pas très enthousiasmant cette fois ci, cette histoire de tueur qui rode est un peu ennuyeuse. On y croise néanmoins Jodie foster, Kathy Bates et... Madonna

25 mars 2009

LE VOYAGE AUX PYRENEES


SHOOTING FOR ISSUE ONE MAGAZINE

Fashion shooting with deutch stylist Majid Karrouch and photographer Joost Vandebrug in Paris last month, for the english magazine ISSUE ONE





Photos: E.A

2 mars 2009